Non, il n’existe pas une seule cause à l’eczéma. Les causes de l’eczéma forment un ensemble de facteurs qui s’associent différemment selon chaque personne : terrain génétique, environnement, intestin, système immunitaire. Aucun ne suffit jamais à lui seul à expliquer entièrement les démangeaisons cutanées, les plaques rouges et rougeurs inflammatoires, les vésicules et le prurit. C’est ce que j’ai moi-même compris après plus de 10 ans d’inflammation chronique !
L’essentiel à retenir
- L’eczéma n’a jamais une seule cause : c’est toujours une combinaison de terrain génétique, d’environnement et de facteurs intestinaux.
- Cause, facteur aggravant et déclencheur sont trois notions différentes, à ne pas confondre pour mieux comprendre sa propre peau.
- Le terrain génétique augmente le risque (50 à 80% selon les parents atteints) sans jamais garantir l’apparition de l’eczéma.
- L’intestin et le microbiote jouent un rôle central dans la régulation de l’inflammation qui se répercute sur la peau.
- Le stress, la chaleur, le froid et le sport sont des facteurs aggravants ou des déclencheurs, jamais des causes.
- Aucun spécialiste ne peut aujourd’hui affirmer avec certitude la cause exacte de votre eczéma : l’observation personnelle reste précieuse.
Quelle est la différence entre cause, facteur aggravant et déclencheur ?
Une cause installe le terrain à la base, un facteur aggravant entretient une inflammation déjà présente, et un déclencheur fait basculer d’une peau calme à une poussée active à un instant précis. Confondre ces trois notions est l’une des raisons pour lesquelles l’eczéma paraît si insaisissable : on cherche souvent LA cause là où il faudrait distinguer plusieurs mécanismes qui agissent à des niveaux différents. Mais avant de chercher les causes de l’eczéma, comprenons bien la différence entre cause, facteur aggravant et déclencheur de cette maladie chronique. 3 notions essentielles.
La cause : ce qui installe le terrain
La cause, c’est ce qui rend une personne prédisposée à l’eczéma sur le fond, avant même l’apparition du moindre symptôme. Le terrain génétique et les particularités du système immunitaire en font partie : ce sont des éléments présents dès la naissance, qui fragilisent durablement la barrière cutanée et la régulation de l’inflammation.
Le facteur aggravant : ce qui entretient l’inflammation
Le facteur aggravant ne crée pas l’eczéma, mais il l’entretient ou l’amplifie une fois qu’il est déjà installé. Le stress en est l’exemple le plus connu : il n’est à l’origine d’aucun eczéma, mais il peut clairement épaissir une poussée déjà en cours, un peu comme on souffle sur des braises sans les avoir allumées soi-même.
Le déclencheur : ce qui fait basculer vers la poussée
Le déclencheur est l’élément précis, identifiable dans le temps, qui fait passer une peau calme à une poussée active à un moment donné. Un aliment mal toléré, un produit cosmétique irritant, une séance de sport suivie de transpiration abondante : ce sont des déclencheurs, pas des causes, même s’ils sont souvent les plus faciles à repérer au quotidien dans un carnet de bord.
Eczéma atopique et eczéma de contact ont-ils la même cause ?
Non, ce sont deux origines différentes : les causes de l’eczéma de contact proviennent d’un allergène précis identifié au contact de la peau, tandis que les causes de l’eczéma atopique reposent sur un terrain héréditaire diffus, indépendant de tout contact particulier. Cette distinction causale est essentielle, car elle explique pourquoi certaines personnes peuvent cumuler les deux formes sans le savoir.
L’eczéma de contact naît d’une réaction du système immunitaire face à une substance précise, comme un métal, un parfum ou un conservateur. Retirer cet allergène suffit en général à faire disparaître les lésions qui lui sont directement liées. L’eczéma atopique, à l’inverse, ne dépend d’aucun allergène de contact unique : il s’appuie sur une fragilité globale de la barrière cutanée et de la régulation immunitaire, qui peut se manifester même en l’absence de tout contact irritant identifiable.
À quoi servent les tests chez un allergologue ?
Les tests chez un allergologue, comme les patch-tests ou les prick-tests, servent à repérer une éventuelle allergie de contact ou une sensibilisation à un allergène précis, mais un résultat positif n’exclut jamais la présence simultanée d’un eczéma atopique de fond. C’est une nuance essentielle, trop souvent oubliée : un test qui révèle une allergie ne clôt pas forcément le dossier.
Le patch-test consiste à appliquer plusieurs allergènes suspects sur la peau du dos pendant quarante-huit heures, pour observer une éventuelle réaction locale. Le prick-test, lui, explore plutôt les allergies immédiates de type respiratoire ou alimentaire, via une petite piqûre superficielle. Ces examens sont précieux pour identifier un déclencheur de contact précis, mais ils ne mesurent en rien la part génétique ou intestinale d’un eczéma, qui relève d’une tout autre logique.
J’ai fait ces tests chez un allergologue il y a plusieurs années, et ils ont révélé une allergie au nickel. J’ai donc supprimé tous les bijoux de mauvaise qualité pour limiter tout eczéma de contact. Mais mon eczéma, lui, est resté bien présent malgré ça. C’est exactement ce qui m’a permis de comprendre, très concrètement, que je ne faisais pas QUE de l’eczéma de contact : il y avait forcément autre chose derrière, un terrain plus global.
Les causes de l’eczéma
Cette première partie regroupe ce qui installe le terrain atopique à la base : la génétique, l’intestin et le microbiote, les antibiotiques pris tôt dans la vie, et le rôle discuté de l’allaitement. Ce sont des éléments qui prédisposent à l’eczéma, pas des éléments qui l’aggravent une fois qu’il est là.
Quelle est la part de la génétique dans l’eczéma ?
La génétique joue un rôle réel et documenté dans l’eczéma, avec un risque estimé à 50% si un parent est atteint et jusqu’à 80% si les deux parents le sont, mais ce facteur héréditaire n’explique jamais, à lui seul, l’apparition de la maladie. Le terrain se transmet, la maladie elle-même ne se déclenche pas automatiquement.

Le gène de la filaggrine, une brique un peu fragile transmise en famille
Le gène le plus étudié dans l’eczéma atopique est celui de la filaggrine, une protéine essentielle à la solidité de la barrière cutanée. Quand ce gène présente une mutation, la peau retient moins bien l’eau et laisse plus facilement passer les irritants et les allergènes de l’extérieur, ce qui favorise la sécheresse cutanée et l’inflammation. C’est un peu comme un ciment un peu moins solide entre les briques d’un mur : la structure tient, mais elle protège moins bien.
50%, 80%, 40% : que disent vraiment les chiffres ?
Ces chiffres méritent d’être lus ensemble plutôt qu’isolément pour ne pas tomber dans le fatalisme génétique. Un enfant né d’un parent atteint d’eczéma, d’asthme ou de rhinite allergique a environ 50% de risque de développer lui-même un terrain atopique, un chiffre qui grimpe à 80% lorsque les deux parents sont concernés. Mais dans le même temps, environ 40% des personnes porteuses de la mutation de la filaggrine ne développent jamais le moindre eczéma de leur vie, ce qui prouve qu’une prédisposition héréditaire n’est jamais une fatalité en soi : elle rend plus vulnérable, elle ne condamne pas.
Dans ma famille, le terrain atopique est assez clair une fois qu’on prend le temps d’y regarder : ma mère fait des rhinites allergiques depuis toute petite. Ce n’est pas exactement de l’eczéma, mais ça fait bien partie de la même famille de terrains atopiques transmis, celle des maladies allergiques qui aiment se regrouper dans une lignée sans forcément prendre la même forme d’une génération à l’autre.
Pourquoi dit-on que l’eczéma vient aussi de l’intestin ?
On dit que l’eczéma vient aussi de l’intestin parce que la santé intestinale influence directement la régulation du système immunitaire et le niveau d’inflammation général du corps, dont la peau est souvent le reflet visible. Autrement dit, l’eczéma n’est pas qu’un problème de peau : la peau est aussi un message de l’état de vos intestins.
La perméabilité intestinale, un mécanisme clé
La paroi de l’intestin fonctionne un peu comme celle de la peau : elle doit laisser passer certains éléments essentiels tout en bloquant ce qui ne devrait pas circuler dans l’organisme. Quand cette paroi devient trop poreuse, un phénomène que l’on appelle la perméabilité intestinale, des fragments alimentaires mal digérés et des toxines bactériennes passent dans la circulation sanguine alors qu’ils devraient rester confinés dans le tube digestif.
Le système immunitaire, en détectant ces intrus, déclenche une réaction de défense qui prend la forme d’une inflammation. Cette inflammation ne reste pas cantonnée à l’intestin : elle peut se répercuter sur d’autres organes, dont la peau, qui est l’un des organes les plus richement irrigués et les plus réactifs du corps.
Le rôle du microbiote dans la régulation immunitaire
Le microbiote intestinal, cette communauté de milliards de bactéries qui peuplent notre tube digestif, joue un rôle central dans l’éducation et la régulation du système immunitaire dès les premiers mois de vie. Un microbiote équilibré et diversifié aide à maintenir une réponse immunitaire mesurée, tandis qu’un microbiote appauvri ou déséquilibré, ce que l’on appelle une dysbiose, favorise une réponse immunitaire excessive et une inflammation chronique de bas grade.
Selon l’Institut du Microbiote Biocodex, cet équilibre du microbiote intestinal se construit très tôt dans la vie et conditionne en partie la façon dont le système immunitaire va réagir aux stimulations extérieures pendant des années. C’est l’une des raisons pour lesquelles les tout premiers mois de vie sont considérés comme une fenêtre particulièrement sensible pour le développement ultérieur de maladies atopiques comme l’eczéma.
Le lien entre inflammation intestinale et inflammation cutanée
Ce lien entre intestin et peau n’est pas qu’une image : il s’appuie sur une communication réelle entre le système digestif, le système immunitaire et la peau, parfois appelée axe intestin-peau. Une inflammation intestinale de bas grade, même silencieuse et sans symptôme digestif franc, peut ainsi contribuer à entretenir une inflammation cutanée chronique, ce qui explique pourquoi certaines approches centrées sur l’équilibre intestinal peuvent avoir un effet sur l’état de la peau, en complément d’un suivi dermatologique classique. Pour un éclairage d’expert sur ces mécanismes, ma chronique consacrée au Pr Philippe Humbert (lien vers la chronique/interview Pr Humbert et Castronovo) revient en détail sur le rôle de l’intestin, de l’alimentation et du système immunitaire dans l’eczéma. Il évoque aussi avec précision les causes de l’eczéma chez bébé et le nourrisson.
Les antibiotiques peuvent-ils favoriser l’apparition de l’eczéma ?
Oui, une utilisation répétée d’antibiotiques durant la première année de vie est associée à un risque accru de développer de l’eczéma, car les antibiotiques détruisent une partie des bonnes bactéries intestinales et créent une dysbiose qui peut stimuler excessivement le système immunitaire.
Une étude publiée dans la revue Nature Communications, menée par l’équipe du chercheur Stuart Turvey à l’University of British Columbia et relayée en France par Pourquoi Docteur et Fréquence Médicale, a documenté ce mécanisme avec précision chez le nourrisson : les enfants ayant développé un eczéma présentaient une déplétion en bactéries du genre Bacteroides et un enrichissement en bactéries du genre Clostridium dans leur microbiote intestinal. Ce déséquilibre bactérien précoce est aujourd’hui considéré comme l’un des mécanismes les plus solidement documentés du lien entre antibiothérapie infantile et risque atopique. Vous voyez, les causes de l’eczéma sont multiples.
J’ai pris beaucoup d’antibiotiques quand j’étais petite, à cause d’angines à répétition qui revenaient presque chaque hiver. Avec le recul et ce que je sais aujourd’hui sur la dysbiose, je me demande sincèrement si ces traitements répétés n’ont pas, eux aussi, participé à fragiliser mon terrain intestinal très tôt, en plus du reste.
L’allaitement a-t-il un effet protecteur contre l’eczéma ?
Plusieurs études sérieuses suggèrent un effet plutôt protecteur de l’allaitement exclusif prolongé contre l’eczéma, mais la littérature scientifique globale reste moins consensuelle sur le sujet, avec des résultats qui varient selon les populations étudiées et la méthodologie utilisée.
L’essai randomisé PROBIT, mené auprès de plus de 13 000 adolescents et publié dans la revue JAMA Pediatrics, relayé par le CUSM, a mis en évidence une réduction d’environ 54% du risque d’eczéma à 16 ans chez les enfants ayant bénéficié d’un allaitement exclusif prolongé. Une autre étude, menée par le Children’s National et relayée par info-allaitement.org, a observé une réduction d’environ 48% du risque de développer une forme chronique d’eczéma à 6 ans chez les enfants allaités exclusivement pendant au moins trois mois, avec une nuance intéressante : l’allaitement ne semblerait pas empêcher l’apparition de l’eczéma en tant que telle, mais plutôt réduire le risque qu’il devienne une forme chronique et durable.
Ces deux sources vont dans le même sens protecteur, mais il serait malhonnête de présenter le sujet comme définitivement tranché : d’autres travaux, menés sur d’autres populations, n’établissent pas de consensus aussi net, et l’allaitement reste un facteur parmi d’autres, jamais une garantie à lui seul.
De mon côté, ma mère ne m’a allaitée que quelques jours avant de me mettre au lait infantile industriel. Je ne peux évidemment tirer aucune conclusion définitive sur mon propre cas à partir de ce seul élément, l’eczéma étant multifactoriel, mais je trouve ce sujet suffisamment documenté pour mériter d’être partagé ici, à titre d’illustration plutôt que de preuve personnelle.
Les facteurs aggravants et déclencheurs de l’eczéma
Cette seconde partie regroupe, elle, ce qui n’installe jamais l’eczéma mais qui entretient une inflammation déjà présente ou fait basculer une peau calme vers une poussée active : le stress, le climat, le sport et l’alimentation. Aucun de ces éléments ne crée un terrain atopique là où il n’existait pas.
Le stress fausse cause de l’eczéma !
En effet, le stress n’est jamais la cause de l’eczéma : c’est une idée reçue très répandue qui mérite d’être clairement déconstruite. Le stress reste un facteur aggravant, capable d’entretenir ou d’intensifier une inflammation déjà présente, mais il n’est à l’origine d’aucun eczéma chez une personne qui n’a pas de terrain prédisposé.
Le stress agit notamment via la libération de cortisol et d’autres médiateurs qui peuvent influencer à la fois le système immunitaire et la perméabilité de la barrière cutanée, ce qui explique son rôle amplificateur bien réel sur les poussées. Le sujet mérite un développement à part entière, tant l’idée reçue du «c’est dans ta tête» est douloureuse et fréquente pour les personnes concernées : l’article Théorie qui lui est consacré revient en détail sur ce mécanisme et sur pourquoi cette idée reçue a la vie si dure.
Je suis de nature très anxieuse et stressée depuis toujours, et je le vis clairement comme un facteur aggravant chez moi : mes poussées les plus intenses ont presque toujours coïncidé avec des périodes de tension plus fortes dans ma vie. Mais je tiens à le préciser aussi clairement que possible : le stress n’a jamais été LA cause de mon eczéma, seulement un amplificateur venu se greffer sur un terrain déjà présent.
La chaleur, le soleil, le froid et l’hiver : quand la météo accentue les symptômes et crises d’eczéma ?
Soyons clair, les variations climatiques ne causent jamais l’eczéma : elles agissent uniquement comme des facteurs aggravants sur une peau déjà fragilisée par un terrain atopique sous-jacent. La chaleur excessive et la transpiration qu’elle entraîne peuvent irriter une peau déjà sensible, tandis que le soleil, en petites doses, a parfois un effet apaisant sur certaines poussées, sans que cela en fasse un traitement.
Le froid et l’air sec de l’hiver, à l’inverse, tendent à assécher davantage une barrière cutanée déjà fragile, ce qui explique pourquoi de nombreuses personnes atopiques constatent une recrudescence de leurs symptômes en période hivernale. Dans les deux cas, climat chaud ou climat froid, il s’agit toujours d’un facteur qui vient s’ajouter à un terrain préexistant, jamais d’une cause en soi.
Le sport et la transpiration peuvent déclencher une poussée
C’est vrai, le sport peut déclencher une poussée d’eczéma chez une personne prédisposée, mais ce n’est pas la transpiration en elle-même qui irrite la peau : ce sont les sels minéraux, l’urée et l’acide lactique qu’elle contient, qui viennent agresser une barrière cutanée déjà affaiblie au contact prolongé.
C’est un exemple typique de déclencheur plutôt que de cause : le sport n’installe aucun terrain atopique chez qui que ce soit, mais il peut faire basculer une peau calme vers une poussée active chez une personne qui porte déjà cette prédisposition, en particulier si la peau n’est pas rincée et hydratée rapidement après l’effort.
Lorsque je fais du sport, j’ai toujours avec moi une petite serviette pour m’éponger le cou et les autres zones du corps où la sueur fait revenir les plaques rouges. Avant de m’essuyer en tapotant je l’humidifie avec ma gourde. Sinon c’est le grattage assuré.
Et l’alimentation dans tout ca ? Quel est son rôle ?
L’alimentation n’est pas à proprement parler une cause de l’eczéma, mais elle interagit fortement avec le microbiote et la perméabilité intestinale, ce qui peut aggraver ou déclencher des poussées chez une personne déjà prédisposée sur le plan génétique.
Certains aliments peuvent favoriser une inflammation de bas grade ou entretenir un déséquilibre du microbiote chez les personnes sensibles (voilà pourquoi on parl d’éviction alimentaire quand on parle de soigner une peau eczémateuse), tandis que d’autres soutiennent au contraire la diversité bactérienne intestinale et la solidité de la barrière digestive. C’est un mécanisme de terrain, pas une liste universelle d’aliments interdits valable pour tout le monde de la même façon. Pour aller plus loin sur les aliments concrètement associés à des poussées et sur la méthode du carnet de bord alimentaire, l’article dédié aux déclencheurs de l’eczéma d’adulte (lien vers l’article «Déclencheurs eczéma adulte») détaille ce volet pratique bien plus en profondeur que ce que permet cette section.
Quid de la cortisone et des dermocorticoïdes ?
Votre médecin ou votre dermatologue ne vous dira jamais que la crème à la cortisone ou autre dermocorticoïde qu’il vous a prescrit entretien l’inflammation, ni même qu’il provoquera à termes de nouvelles plaques ni de crise plus importante. Pour lui, la preuve en est : après l’application du corticoïde, votre peau est immédiatement apaisée et soulagée et la sensation de grattage ou de démangeaison disparait. La peau redevient belle et lisse ! Oui MAIS … oui mais, à l’arrêt du traitement, les plaques reviennent, vous avez toujours envie de vous gratter, ca démange toujours autant. Alors, vous retournez voir votre généraliste ou dermato en pensant que le traitement était bon puisque le soulagement était immédiat, mais rebelotte. Même cercle vicieux et plus vous suivez ce schéma, plus les poussées et les crises sont importantes. Très nombreux sont les témoignages de personnes disant que les crèmes corticoïdes ont aggravé l’état de leur peau… et beaucoup disent aujourd’hui souffrir du fameux syndrome de la peau rouge (syndrome RSS ou « red skin »).
J’ai mis plus de 5 ans à comprendre que pour moi aussi, la cortisone n’était pas la solution. Mais le soulagement était si immédiat et ma peau me faisant tellement souffrir, que cette solution semblait bienfaisante. Je pouvais souffler et retrouver un peau de répit au quotidien. Mais quand le dermatologue m’a dit maintenant il faut arrêter cela fait trop longtemps que vous êtes sous corticoïde… il n’avait plus aucune solution à me proposer… J’ai chercher toute seule ailleurs, comment m’en débarraser, comment m’en sortir.

Les causes sont-elles les mêmes chez l’adulte et chez l’enfant ?
Le terrain atopique de fond reste globalement le même chez l’adulte et chez l’enfant, mais le poids relatif de chaque facteur évolue avec l’âge. Chez l’enfant, la barrière cutanée encore immature et les allergies alimentaires jouent souvent un rôle plus marqué, tandis que chez l’adulte, le stress professionnel, les irritants du quotidien et les variations hormonales prennent une place plus importante dans l’équilibre global.
Cette différence explique pourquoi un eczéma d’enfance peut évoluer, s’atténuer, puis parfois réapparaître à l’âge adulte sous une forme différente : le terrain génétique reste identique, mais l’environnement qui vient s’ajouter par-dessus change complètement de nature.
Quant aux facteurs aggravants ou aux déclencheurs, seuls vous pourrez les trouver. Il va vous falloir tout noter dans un carnet de bord et être attentif à ce que votre peau vous dit.
Peut-on connaître avec certitude la cause exacte de son eczéma ?
Non, aucun médecin ni aucun spécialiste ne peut aujourd’hui affirmer avec une totale certitude quelle est LA cause exacte de l’eczéma d’une personne donnée. C’est une réalité parfois difficile à entendre, mais elle est plus honnête que n’importe quelle réponse toute faite.
Ce que la science permet en revanche, c’est de comprendre les grandes familles de causes et de facteurs qui s’articulent entre elles : la génétique installe un terrain, l’intestin et le microbiote modulent l’inflammation de fond, l’environnement et les habitudes de vie viennent s’ajouter par-dessus, et une multitude de facteurs aggravants et de déclencheurs viennent ensuite faire basculer une peau calme vers une poussée active. Comprendre ces grandes familles aide à mieux se situer et à mieux agir au quotidien, même sans certitude absolue sur son propre cas.
C’est précisément cette part d’incertitude qui rend l’observation personnelle si précieuse : personne ne connaît mieux votre peau, votre intestin et votre quotidien que vous-même, et c’est souvent en croisant les grandes données scientifiques avec votre propre vécu que des pistes commencent à se dessiner.
Pour aller plus loin sur les causes de l’eczéma
Cet « article pilier » pose les grandes familles de causes. Pour creuser chaque volet en détail, voici les articles du silo à consulter :
- Déclencheurs eczéma adulte (lien vers l’article «Déclencheurs eczéma adulte») — pour identifier concrètement ce qui fait basculer votre peau vers une poussée, aliment par aliment, situation par situation.
- Chronique Pr Humbert et Castronovo (lien vers la chronique/interview du Pr Philippe Humbert) — l’éclairage d’un expert sur les mécanismes intestinaux, alimentaires et immunitaires de l’eczéma.
- Perméabilité intestinale (lien vers l’article dédié «Perméabilité intestinale» — à paraître) — pour comprendre en détail ce mécanisme clé évoqué plus haut.
- Microbiote cutané (lien vers l’article dédié «Microbiote cutané» — à paraître) — pour approfondir le rôle du microbiote dans la régulation immunitaire.
Foire aux questions sur les causes de l’eczéma
Non, le terrain génétique augmente le risque mais ne garantit jamais l’apparition de l’eczéma : même avec deux parents atteints, l’environnement et le hasard continuent de jouer leur rôle.
Il y a toujours plusieurs causes qui s’associent : terrain génétique, intestin, système immunitaire. Aucune ne suffit seule à expliquer l’eczéma d’une personne.
Non, un aliment isolé n’est jamais responsable à lui seul : il peut au mieux agir comme déclencheur ou facteur aggravant sur un terrain déjà prédisposé, jamais comme cause unique.
Oui, c’est possible : le terrain génétique augmente le risque mais n’est pas une condition indispensable, d’autres facteurs peuvent suffire à faire apparaître un eczéma en l’absence de tout antécédent connu.
Le microbiote peut être rééquilibré par l’alimentation et l’hygiène de vie, mais aucune approche ne permet de le «réparer» totalement du jour au lendemain : un professionnel de santé reste le mieux placé pour vous accompagner sur ce terrain-là.
Certaines études suggèrent un microbiote initial différent chez les bébés nés par césarienne, ce qui pourrait influencer le risque atopique, mais les données restent à confirmer et de nombreux autres facteurs entrent en jeu.
Oui, un eczéma peut apparaître pour la première fois à l’âge adulte, même sans antécédent dans l’enfance : le terrain atopique n’est pas toujours immédiatement visible.
Ce n’est pas systématique : ces tests sont surtout utiles en cas de suspicion d’eczéma de contact précis, à évaluer avec un dermatologue ou un allergologue selon votre situation.
Sources citées
- Ameli.fr — Assurance Maladie, page eczéma / dermatite atopique
- Association Française de l’Eczéma — page causes générales de l’eczéma
- Association Française de l’Eczéma — «Comment savoir ce qui cause mon eczéma ? Peut-on le savoir ?»
- Vidal — fiche eczéma atopique
- Nature Communications, Turvey et al. (University of British Columbia), relayée par Pourquoi Docteur et Fréquence Médicale — dysbiose infantile, antibiotiques et risque d’eczéma
- Institut du Microbiote Biocodex — rôle du microbiote intestinal dans la régulation immunitaire
- Essai PROBIT, JAMA Pediatrics, relayé par le CUSM — allaitement exclusif prolongé et risque d’eczéma à 16 ans
- Children’s National, relayée par info-allaitement.org — allaitement exclusif et risque de forme chronique d’eczéma à 6 ans

